AAIQ   L'Association des Allergologues et Immunologues du Québec

Quelle est la spécialité d'immunologie et d'allergie?

La spécialité d'immunologie et d'allergie s'intéresse à la réponse immuno-inflammatoire et à ses répercussions cliniques. La réponse immuno-inflammatoire sert à se protéger contre les infections et jusqu'à un certain point contre le développement de certains cancers. Le système immunitaire est un peu comme une armée, avec des sentinelles installées en surveillance constante, et prêtes à réagir en première ligne de défense, et à aviser rapidement d'autres bataillons défensifs plus spécialisés en cas d'attaques plus agressives.

Le spécialiste en allergologie et immunologie est un médecin, qui après son cours de médecine a fait 5 ans de formation en spécialité : 3 ans en médecine interne ou en pédiatrie, suivi de 2 années en allergologie et immunologie, et parfois plus.

L'immunité normale et protectrice

Une fois que notre armée a réussi à vaincre un adversaire, elle garde en mémoire les renseignements sur l'agresseur en question, de telle sorte que si celui-ci se présente à nouveau, la réaction sera plus rapide et plus efficace. Grâce aux vaccins, on peut informer notre armée sur l'agresseur en question, sans risque d'infection, de telle sorte que si l'agresseur se présente en personne, notre armée est déjà préparée à être efficace plus rapidement et efficacement. C'est ce qu'on appelle être immunisé.

Le système immunitaire peut nous occasionner des troubles de deux façons : soit en ne fonctionnant pas suffisamment: on parle alors de déficit immunologique; soit en fonctionnant de façon inappropriée : on parle alors d'hypersensibilité.

Les déficits immunologiques

Ceux-ci peuvent être primaires, souvent reliés à un déficit génétique hérité ou nouvellement acquis (on parle alors de mutation). Il existe une multitude de syndromes de déficit immunologiques primaires.

Ils peuvent aussi être acquis :

  • suite à une infection comme une rougeole, qui occasionne un certain déficit immunologique temporaire, ou comme le VIH, responsable d'un déficit progressif et non réversible jusqu'à maintenant, mais qu'on peut ralentir avec les traitements actuels.
  • suite à une maladie systémique, tels un diabète ou une insuffisance rénale.
  • suite à un dysfonctionnement des cellules sanguines :
    • cancer des cellules sanguines : dysplasie médullaire, leucémie ou lymphome
    • aplasie médullaire

L'hypersensibilité

Cependant, quand il y a une bataille, même si l'on vainc son adversaire, il y a toujours plus ou moins de dégâts collatéraux : c'est ce qu'on appelle l'hypersensibilité : par exemple, quand on se défend contre un microbe, telle une tuberculose, les cellules inflammatoires ne détruisent pas seulement les bactéries, mais aussi une partie du tissu avoisinant, laissant un tissu cicatriciel une fois la bataille terminée. Chaque type d'infection est associé à un certain degré d'hypersensibilité.

Dans certains cas cependant, l'hypersensibilité est gratuite, car elle n'est pas associée à une défense contre un agresseur. Le Dr Bellanti a séparé en 3 section le chapitre de l'hypersensibilité :

  • l'allergie, quand l'allergène est une molécule n'appartenant pas à l'espèce humaine, tel un pollen, un allergène d'animal, un produit cosmétique ou un médicament.
  • le rejet de greffe, quand l'antigène provient de l'espèce humaine, tel un rein, un foie, un cœur ou un poumon
  • l'autoimmunité, quand l'antigène appartient à l'individu même.

Bellanti JA. Immunologically mediated diseases. Dans : Bellanti JA. Immunology III, Saunders, 1985 : 346-446.

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André Caron, MD FRCPC, allergologue et immunologue