Assistance mentale: procédures à éviter

 

Stephen Barrett, M.D.

 

Beaucoup de types de pratiquants qui affirment traiter des conditions mentales utilisent des méthodes douteuses. Les procédures suivantes sont à éviter:

Le traitement Doman-Delacato

Cette approche, aussi appelée "patterning" (décrite comme thérapie physique pour enfants débiles mentaux qui consiste à répéter les premiers mouvements de l'enfance, selon le dictionnaire Le Robert-Collins, 1993) a été développée durant le milieu des années 1950 et est offerte par les Institutes for Human Potential à Philadelphie, Pennsyvanie. Ses partisants maintiennent que la majeur partie des cas de retard mental, difficultés d'apprentissage, et problèmes de comportement sont causés par atteinte cérébrale ou "pauvre organisation neurologique." Le traitement est basé sur l'idée que des niveaux élevés de stimulation motrice et sensorielle peuvent entrâiner le système nerveux et diminuer ou guérir les handicaps causés par des lesions cérébrales. Les parents qui suivent le programme peuvent être conseillés d'exercer les membres de l'enfant de façon répétée et utiliser d'autres moyens qui seraient supposer augmenter la circulation sanguine au cerveau et réduire l'irritabilité cérébrale. En 1982, l'American Academy of Pediatrics a publié sa prise de position concluant que le "patterning" n'a aucun mérite, que les déclarations de ses partisans ne sont pas prouvées, et que les demandes faites aux familles sont tellement grandes que dans certains cas il pourrait causer du tort [2]. En 1989, le National Down Syndrome Congress a publié sa prise de position qui était d'accord avec cette conclusion.

Désensibilisation par mouvement des yeux et retraitement (Eye movement Desensitization and Reprocessing (EMDR) L'EMDR est recommandé pour le traitement du stress post-traumatique, des phobies, des difficultés d'apprentissage, et une variété d'autres problèmes mentaux. La méthode consiste à demander au patient de se souvenir de l'incident traumatique le plus clairement que possible et d'évaluer certaines sensations avant et après avoir suivi des yeux le doigt du thérapeute dans un mouvement avant-arrière. L'auteur du EMDR et le partisan le plus connu, Francine Shapiro, Ph.D. reçu son doctorat en 1988 et fonda l'Institut EMDR pour la formation de professionnels de santé mentale. Elle et ses associés auraient formé plus de 22,000 cliniciens à travers le monde dans des ateliers qui coûtent aujourd'hui $385 [3].L'EMDR ressemble à des thérapies variées traditionnelles de comportement pour la réduction de phobies exigeant les clients d'imaginer des évènements traumatiques d'une façon progressive en présence d'un thérapeute de soutien. Toutefois, la recherche contrôlée aurait démontré que l'élément qui distingue le plus l'EMDR (l'observation visuelle) n'est pas nécessaire et n'est relié aucunement aux bienfaits que le patient reçoit. Des revues récentes ont conclu que les résultats maintenus comme appui de l'EMDR proviendraient de rapports de cas et d'études la plupart non contrôlées et pauvrement structurées et que la théorie de l'EMDR n'est pas conforme aux connaissances scientifiques du rôle des mouvements oculaires [4,5]

Communication assistée

Il s'agit d'un procédé par lequel un "facilitateur" tient la main ou le bras d'une personne sérieusement handicapée qui tape au dactylo, ou sur ordinateur, ou avec un autre appareil du genre , un message composé de lettres, numéros, ou mots. On prétend que cela aide les individus à frapper les clés du dactylo qu'ils veulent sans influencer le choix des clés. Certains thérapeutes de la parole (orthophonistes) et autres éducateurs spécialisés utilisent cette procédure chez les individus avec autisme et retard mental sévère. Les partisans maintiennent qu'elle permet à ces patients de communiquer. Toutefois, plusieurs études ont démontré que la procédure n'est pas valide parce que le résultat est en réalité déterminé par le "facilitateur." [6] Dana une étude, par exemple, les patients autistiques et les facilitateurs ont assisté à des projections de photos d'objets communs et été demandés des identifier sous trois conditions différentes: (a) dactylo assisté par les facilitateurs qui n'ont pas vu les photos-stimuli, (b) dactylo non assisté, et (c) situation où les patients et facilitateurs ont vu les photos en même temps. Dans cette dernière situation, les photos en paires étaient les mêmes ou différentes, et les participants étaient au dacylo assistés pour étiquetter ou décrire les photos. Aucun patient a donné la bonne réponse quand le facilitateur n'a pas vu la photo. Les chercheurs ont conclu que les facilitateurs ne se rendaient pas compte qu'ils influencaient les patients [7]. L'American Psychological Association a dénoncé la communication assistée et a averti que l'utiliser pour souligner des accusation d'abus par les membres de la famille ou d'autre préposés aux soins menace les droits civils des handicapés et ceux accusés [8]. En 1994, la FTC a réglé les accusations que deux compagnies auraient fait des déclarations fausses et non-prouvées au sujet d'appareils de "communication assistée" qu'ils ont commercialisés.

Technique d'organisation neurale (Neural Organization Technique ou NOT)

Cette approche est basée sur la notion que les difficultés d'apprentissage, les psychoses chez les enfants, le retard mental, la paralysie cérébrale, l'éneurésie, et la daltonisme sont reliés à des désiquibres musculaires causés par les os crâniens mal alignés. NOT, une variation de la thérapie crânienne, a été développée par un chiro de New York, Carl Ferreri, et a été enseignée à des centaines d'autres chiros. Ses adeptes maintiennent corriger "les trajets neuraux bloqués" en "ajustant" les os du crâne avec pression à certaines régions du crâne. La population a été exposée au NOT quand les chiros ont soumis des enfants à la procédure dans une projet de "recherche" subventionné par les autorités scolaires en Californie. Un rapport de 1988 dans le magazine Hippocrates a décrit comment les enfants avec l'épilepsie, le syndrôme de Down, la paralysie cérébrale, la dyslexie, et plusieurs autres difficultés d'apprentissage, étaient forcés d'endurer de la pression douloureuse crânienne, ou appliquée à la voûte du palais, ou aux yeux. Un parent s'est plaint que son enfant a eu une convulsion suite à pression appliquée sur les globes oculaires [9]. En 1991, un jury a ordonné Ferreri de payer $565,000 en dommages à sept enfants et leurs parents qui l'ont poursuivi pour douleur physique et émotionnelle reliée au traitement. Deux autres chiros impliqués dans la cause ont conclut un accord pour un total de $207,000.

Exercice visuel optométrique

Cette approche est basée sur l'idée que l'apprentissage peut être amélioré par des exercices qui améliorent la coordination des muscles oculaires ou la coordination du mouvement main-oeil. Ses partisans présument que le problème qui mène à la difficulté de lire est un déficit quelconque dans le système visuel. L'American Academy of Pediatrics et l'American Academy of Ophtalmology ont critiqué cette approche et ont prévenu qu'aucun déficit des muscles oculaires peut produire des difficultés d'apprentissage associées à la dyslexie [10]. La dyslexie est un problème de lecture caractérisé par des omissions, des substitutions de mauvais mots, et une compréhension détériorée. Elle n'est pas due à un retard mental, un manque d'éducation, ou lésion cérébrale.

Programmation neurolinguistique

La programmation neurolinguistique ou NLP est un système de procédures qui supposément aiderait les gens de communiquer plus efficacement et d'influencer les autres. Les partisans maintiennent que la NLP aurait guéri les phobies, les allergies, et autres problèmes dans une ou quelques séances. Ses principles majeurs sont: (1) les gens sont le plus influencés par des messages qui reflètent comment ils représentent internellement ce qu'ils font; et (2) cette représentation est reflètée par des motifs de regard, de posture, de ton de la voix, et de langage. La représentation interne peut être visuelle (visionnant ce dont ils sont préoccupés), auditive (l'entendre une fois sonorisée), ou elle peut impliquer d'autres sens. Les partisant maintiennent, par exemple, que quelqu'un qui vit l'expérience d'une image mentale pourrait utiliser les mots, "Je vois," tandis que quelqu'un dans un mode auditif dirait "cela semble d'un bon ton" (this sounds right to me) ou "cela est une bonne musique pour mes oreilles). Des études scientifiques ont démontré aucune corrélation entre les mouvements de yeux et l'imagerie visuelle, pensées rapportées, ou choix de langage. Un comité du National Research Council n'a trouvé aucune évidence que les théories de la NLP soient saines ou que ses pratiques soient efficaces [11].

Thérapie d'après-vie

La thérapie d'après-vie est basée sur la notion que les dérangements psychologiques proviennent de l'influence des traumatismes et des traits personnels de vies antérieures qui s'imposent sur le sous-conscient. Les partisans de cette approche utilisent l'hypnose, la méditation, ou l'imagerie guidée pour "régresser" le patient à des incarnations passées ("vies passées") qui, lorsque rappelées, mènent à la résolution des problèmes du patient. Il y a, toutefois, aucune évidence scientifique que cette théorie soit valide.

Des expériences ont démontré que les rapports de "vie-passée" durant les transes hypnotiques sont reliés à la suggestibilité et tendence du sujet au fantasme. Dans une expérience, 35 de 110 sujets qui étaient demandés de régresser à des temps avant leur naissance ont revécu des "vies passées." Dans la plupart des cas, les personalités de vie passée étaient du même âge et race qu'eux-mêmes. Dans une autre expérience, la moitié des sujets étaient informés par les chercheurs que les incarnations passées étaient souvent de sexe différent ou race et qu'ils vivaient dans des cultures exotiques.

Ceux qui ont recu ce conseil étaient de façon significative plus aptes à incorporer une ou plus des caractéristiques suggérées dans la description dans leur vie passée. Dans une autre expérience, les chercheurs ont trouvé que les sujets qui donnaient des renseignements assez spécifiques pour pouvoir être vérifiés étaient plus souvent en erreur que non. Les rapports de vie passée obtenus des sujets regressés par l'hypnose sont des constructions de fantaisie de personnes imaginées absorbées dans des situations imaginaires et réagissant à des suggestions de régression -- et que ceux qui croient à la ré-incarnation sont les plus susceptibles de croire que telles fantasmes sont reliés en réalité à une vie passée [12-13].

Stimulation de faux souvenirs

Les patients qui sont suggestibles ou désireux de plaire leur thérapeute peuvent "se souvenir" d'évènements d'enfance qui ne sont jamais arrivés. Habituellement c'est le thérapeute qui va stimuler le processus, soit délibérément ou par chance. Occasionnellement, toutefois, le patient (possiblement inspiré par un livre ou un programme de télévision de type causerie) va initier le problème et le thérapeute ne réussit pas à différencier la réalité de la fantaisie. Les critiques utilisent l'expression "syndrôme de faux souvenirs" ou FMS, pour décrire l'état mental généré dans ces situations.

Certains thérapeutes encouragent leurs patients de confronter et possiblement poursuivre le supposé malfaiteur. Le False Memory Syndrome (FMS) Foundation a été formé en 1992 pour faire face au problème des adultes qui faussement croient qu'ils ont été des victimes d'inceste ou d'abus dans leur enfance. Des milliers de familles en détresse ont fait appel à la fondation pour conseils comment agir devant des crises soudaines d'enfants en colère qui les accusent de mauvais gestes qui ne sont jamais arrivés. Le psychiatre Richard Gardner, M.D., réfèrent à ce nombre croissant de cas de FMS comme "la crise de santé mentale des années 1990" [14]. En 1997, la fondation a calculé les résultats de 105 poursuites d'inconduite professionnelle de FMS par des anciens patients contre les thérapeutes. Une cause a été cancellée, 42 ont été réglées hors cour, et 53 sont en attente. Les neufs causes qui ont été débattues en cour ont fini en faveur des anciens patients. [15]

Références

1. Bjork RA and others. In the Mind's Eye. Enhancing Human Performance. Washington D.C., 1991,
National Academy Press.
2. American Academy of Pediatrics. Policy statement: The Doman-Delacato treatment of neurologically
handicapped children. Pediatrics 70:810-812, 1982.
3. McNally RJ. EMDR and Mesmerism: A comparative historical analysis. Journal of Anxiety Disorders (in press).
4 Lilienfeld SO. EMDR treatment: Less than meets the eye. Skeptical Inquirer 20(1):25-31, 1996.
5. Lohr JM, Tolin DF, Lilienfeld SO. Efficacy of Eye Movement Desensitization and Reprocessing:
Implications for behavior therapy. Behavior Therapy 29:126-153, 1998.
6. Mulick JA and others. Anguished silence and helping hands: Autism and facilitated communication.
Skeptical Inquirer 17:270-280, 1993.
7. Wheeler DL and others. An experimental assessment of facilitated communication. Mental Retardation
31:49-59, 1993.
8. American Psychological Association. Facilitated communication not a scientifically validated technique for individuals with autism or mental retardation. News release, August 24, 1994.
9. Cooke P. The Crescent City cure. Hippocrates 2(6):61-70, 1988.
10. Metzger RL, Werner DB. Use of visual training for reading disabilities. Pediatrics 73:824-829, 1984.
11. Druckman D, Swets JA, editors. Enhancing Human Performance. Washington D.C., 1988, National
Academy Press.
12. Spanos NP. Past-life hypnotic regression: A critical view. Skeptical Inquirer 12:174-180, 1988.
13. Baker RA. Hidden Memories: Voices and Visions from Within. Amherst, N.Y., 1992, Prometheus
Books.
14. Gardner M. The false memory syndrome. Skeptical Inquirer 17:370-375, 1993.
15. False Memory Syndrome Foundation Newsletter, December 1997, pp 7-9.

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Cet article est une mise à jour tirée de la 6e édition de Consumer Health: A Guide to Intelligent Decisions.

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