L'asthme allergique, une maladie de cause naturelle
Préparé par:
Le Dr Benoit Laramée, immuno-allergologue, chargé d'enseignement clinique à l'Université de Montréal, est membre actif du département de médecine du pavillon Notre-Dame du CHUM, à Montréal.
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"Docteur, est-ce que je fais de l'asthme ou de l'allergie?", Cette question revient souvent. En fait, l'asthme est une maladie et l'allergie représente un mécanisme par lequel un patient peut avoir des problèmes, dont l'asthme. La compréhension du mécanisme de l'allergie dans l'asthme permet de démystifier tout cela.
La réponse allergique médiée par les IgE
La réponse allergique est un phénomène important du système immunitaire à au meilleur de sa forme.
Régulation de la synthèse des IgE. La synthèse des IgE, anticorps responsables de la réaction allergique, est régularisée par le lymphocyte T-helper" (Th): une sous classe de cette cellule que l'on nomme lymphocyte Th2, serait responsable de la production des IgE en stimulant le lymphocyte B à se transformer en plasmocyte qui fabriquerait, dans ce cas-ci, ce type spécifique d'anticorps. Cette stimulation se produit par l'intermédiaire de lymphokines, en particulier l'IL4 et IL5.
Principe de sensibilisation. La producton des IgE dépendra de plusieurs facteurs, dont la génétique de l'individu, l'exposition à des substances allergisantes et à la régulation des cellules Th2. La sensibilisation se produira chez le patient prédisposé lorsqu'il sera exposé à certains allergènes, dont quelques-uns sont plus allergisants que d'autres.Il y a des allergènes qui sont difficiles à éviter, comme les pollens de l'été, alors que d'autres, comme les animaux, ne le sont pas. Donc, selon sa prédisposition génétique et son exposition aux allergènes, un individu pourra avoir des problèmes. Son degré de réactivité dépendra de sa sensibilité et, évidemment, de ce à quoi il est exposé.
Activation de la réaction allergique. Elle variera selon un ensemble de facteurs qui sont plus ou moins bien connus: la quantité d'allergènes et le temps d'exposition à ces derniers sont des facteurs qui peuvent être en cause. De même, un jeu hormonal semble être en cause puisque, souvent, il y a apparition, augmentation ou diminution de la sensibilité à la puberté ou lors de la grossesse. En général, la première manifestation de cette sensibilité sera la rhinite ou la conjonctivite allergique. Chez les patients plus sensibilisés ou prédisposés, une sensibilité pulmonaire, l'asthme allergique, pourra survenir. Il est important de tenter de diminuer l'exposition aux allergènes et la sensibilité d'un patient dès les premières manifestations de sa réactivité, pour diminuer son risque d'avoir des problèmes plus importants.
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Il y a des allergènes qui sont difficiles à éviter, comme les pollens de l'été, alors que d'autres, comme les animaux, ne le sont pas.
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L'IgE se fixe sur un récepteur spécifique au niveau du mastocyte. Cette cellule se situe dans les voies respiratoires supérieures et inférieures, de même qu'au niveau de la peau et du tube digestif. Lorsque l'allergène entre en contact avec ces muqueuses, l'IgE spécifique à cet antigène activera le mastocyte par l'intermédiaire du récepteur à sa surface, entraînant une dégranulation à l'intérieur de cette cellule et une activation de la voie biochimique de l'acide arachidonique pour la fabrication des prostaglandines et des leukotriènes.
Relâche des médiateurs. Les médiateurs préformés contenus dans les granules sont relâchés rapidement au moment de la réaction: ce sont, entre autres, l'histamine, des agents chimiotactiques de même qu'un ensemble d'enzymes.
L'activation du mastocyte entraîne aussi la formation de produits qui seront relâchés plus tard, ce qui explique la phase tardive de la réaction allergique. Ces produits sont des dérivés de la voie métabolique de l'acide arachidonique: entre autres, les prostaglandines dont certaines ont une activité bronchospastique (PGD2, PGF2a, TXA2) et d'autres une activité bronchodilatatrice (PGE2, prostacycline). La voie des leukotriènes libère le LTB4 qui a une activité chimiotactique importante et le Slow Reacting Substance of Anaphylaxis (LTC4, LTD4, LTE4). Le PAF (Platelet Activating Factor) est aussi libéré.
Tous ces produits peuvent avoir une activité bronchospastique et, par leurs effets chimiotactiques, ils amènent des cellules inflammatoires au site de la réaction, dont l'une des principales est l'éosinophile.
La réponse asthmatique à la réaction allergique
Effets des médiateurs dans l'asthme. On visualise facilement, après avoir compris la physiologie de la réponse allergique, comment cette réactivité va entraîner des problèmes au niveau de la bronche. La réaction immédiate, médiée particulièrement par l'histamine, se manifeste par un bronchospasme qui survient rapidement lors du contact avec l'allergène. À la suite de la relâche des autres facteurs, il peut se former une inflammation au niveau de la bronche, situation qui va en augmenter la sensibilité.
Conséquence sur la sensibilité de la bronche. Ce phénomène se caractérise, par une plus grande intensité de réaction aux allergènes auxquels le patient est allergique, de même que par une sensibilité non spécifique à des agents non allergènes, comme le froid, l'exercice, les infections, et à des facteurs irritants comme la fumée de cigarette.
Les manifestations de la sensibilité de la bronche
Sur le plan des symptômes. Cette sensibilité se manifeste par de la dyspnée, de la tachypnée, de la toux, des expectorations et des sibillances. L'intensité de ces symptômes classiques de l'asthme varie en fonction du degré d'inflammation de la bronche.
Sur le plan du laboratoire. La spirométrie permet d'objectiver la résistance des voies aériennes causée par le bronchospasme, avec la valeur du VEMS 1. Un test de provocation non spécifique à l'histamine ou à la métacholine permet d'établir le degré de sensibilité non-spécifique de la bronche.
Les symptômes et les examens de laboratoire ne font que démontrer ce qui a été expliqué ci-dessus, soit la sensibilité de la bronche occasionnée par la libération des produits du mastocyte amenant une inflammation à ce niveau.
Effets de la médication
Bronchodilatateurs. En comprimés ou en aérosol, ils font partie d'une classe de médicaments qui permettent de dilater rapidement la bronche, amenant une amélioration rapide des symptômes. Cependant, l'effet est de courte durée et ne touche pas à l'inflammation de la bronche qui est la cause du problème.
Antiinflammatoires. Qu'ils soient en comprimés ou en aérosol, ils sont très efficaces pour diminuer et contrôler la réactivité de la bronche en maîtrisant l'inflammation. Cependant, cette classe de médicaments n'agit pas rapidement et nécessite une prise régulière et prolongée, ce qui n'aide pas la fidélité au traitement.
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La médication visera à réduire l'inflammation de la bronche et, de ce fait, la réactivité bronchique.
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Hyposensibilisation. Une autre forme de traitement consiste à tenter de diminuer la sensibilité du patient aux allergènes par une série d'injections d'extraits de pollens ou d'acariens, c'est ce que l'on appelle l'hyposensibilisation ou l'immunothérapie. Cette forme de traitement reste controversée dans l'asthme, même si certaines études montrent son efficacité.
L'importance de comprendre ce mécanisme dans le traitement
Après avoir vu le mécanisme de la réaction allergique, son influence sur la réactivité bronchique, ses manifestations cliniques et ses modifications sur le plan du laboratoire, on peut comprendre que, pour un patient prédisposé, la meilleure façon de ne pas avoir de problème est d'éviter les contacts avec les différents allergènes. Donc, la prévention quant à l'environnement est ce qu'il y a de plus important et de plus efficace.
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Pour un patient prédisposé, la meilleure façon de ne pas avoir de problème est d'éviter les contacts avec les différents allergènes.
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Si malgré cela le patient développe des symptômes, la manipulation environmentale reste essentielle. La médication visera à réduire l'inflammation de la bronche et, de ce fait, la réactivité bronchique. Cela diminuera la sensibilité et donc permettra de contrôler des symptômes.
Action de prévention pour le patient
Mots clés:
Asthme, allergie, IgE, inflammation.
Allergic asthma. A disease with a natural cause
The understanding of the asthma pathophysiology helps the physician to treat the patient. Prevention and environment manipulation are the first steps in the treatment. The medication will then relieve the inflammation and the bronchi hyperreactivity.
Key worlds
Asthma, allergy, IgE, inflammation.
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