LES MALADIES AUTO-IMMUNES

 

Avant de parler de ce sujet, essayons de le situer par rapport à d'autres maladies du système immunitaire.

Vue générale sur le système immunitaire:

Le système immunitaire est responsable de la réponse immuno-inflammatoire, qui sert à lutter contre les infections et les cellules cancéreuses. La réponse immuno-inflammatoire est médiée par les lymphocytes, assistés dans leur travail par d'autres cellules, soit sanguines soit tissulaires, et par des protéines sanguines.Cette réponse peut être défectueuse par manque à un ou plusieurs niveaux de son fonctionnement: on parle alors de déficit immunologique. Ce sujet fera l'objet d'une autre chronique.Elle peut aussi être défectueuse par excès, c'est-à-dire qu'elle s'attaque à des éléments non nocifs à l'être humain: on parle alors d'hypersensibilité.

L'hypersensibilité peut se manifester de trois façons:

1) par une réaction dite allergique: des exemples de telles réactions sont présentées dans d'autres chroniques sur l'asthme, la rhinite, les allergies sévères ou anaphylaxie, les allergies alimentaires et les allergies cutanées.

2) par un rejet de greffe, telle une greffe rénale, cardiaque, hépatique, etc.

3) par une réaction dite auto-immune, lorsque le système immunitaire s'attaque aux cellules ou constituants de notre propre corps.

C'est le sujet de ce pamphlet.

 

Les maladies auto-immunes:

Le diabète et plusieurs autres maladies glandulaires en sont des exemples:

Le diabète insulinodépendant est causé par un dérèglement du système immunitaire, qui s'attaque aux cellules fabriquant l'insuline, jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. Actuellement, on traite ce type de diabète par des injections d'insuline. Cependant, des recherches se font afin de trouver un moyen d'empêcher le système immunitaire de s'attaquer et de détruire les cellules du pancréas responsables de la synthèse de l'insuline.

La glande thyroide peut être atteinte de la même façon, de même que les surrénales, les parathyroides, les ovaires (on parle alors de ménopause précoce) et les testicules. Actuellement, le traitement de ces maladies consiste surtout à remplacer les hormones manquantes (hormone thyroidienne, cortisol, estrogènes, progestérone, etc).

Il existe aussi des maladies sanguines auto-immunes, où les globules rouges, les plaquettes ou les globules blancs peuvent être détruits. Certaines maladies neurologiques, telles la myasthénie grave et possiblement la sclérose en plaques, sont dues à un dérèglement du système immunitaire. Il existe aussi des maladies respiratoires, rénales, cutanées et digestives qui sont d'origine auto-immune.

 

Maladies auto-immunes systémiques:

Enfin, un grand chapître de l'auto-immunité s'intéresse à des maladies dites systémiques, car le processus auto-immun atteint plusieurs portions du corps: parmi ces maladies on compte l'arthrite rhumatoide où les principales articulations du corps sont la proie d'une réaction inflammatoire, le syndrome de Sjogren où plusieurs glandes exocrines (salivaires, lacrymales, vaginales) sont atteintes, les polymyosites où ce sont principalement les muscles qui sont atteints, et la sclérose systémique où la peau et les tissus conjonctifs sont la proie d'un processus de durcissement et d'épaississement fibreux.

La maladie auto-immune systémique par excellence est sans contredit le lupus érythémateux disséminé, où plusieurs organes du corps peuvent être atteints: en effet cette maladie peut atteindre les articulations, la peau, les vaisseaux, les reins, les séreuses, le cerveau, les poumons, le coeur, le tube digestif, etc.

Le traitement de ces maladies est assez complexe et doit être individualisé pour chaque patient, selon les manifestations cliniques de sa maladie. Plusieurs médicaments, tels les antiinflammatoires, la cortisone et parfois certains médicaments immunosuppresseurs sont utilisés.

La fréquence de ces maladies est très variable: le diabète insulinodépendant se rencontre dans 0.25 % de la population, les thyroidites dans 2 %, l'arthrite rhumatoide dans moins de 1 % et le lupus dans moins de 0.1 %. Il existe une prédisposition héréditaire à toute ces maladies.

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André Caron, M.D., Allergologue

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Voir aussi:

-Blaquière, Martin. Les maladies auto-immunes. Les polyarthralgies-analyses de laboratoire et imagerie. Urticaire chronique-quand l'urticaire n'est pas allergique! Le médecin du Québec, volume 36,numéro 11, Nov. 2001