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L'immunothérapie

Les premiers traitements d’immunothérapie ont fait leur apparition au début des années 1900. Il s’agit d’une option thérapeutique à considérer pour le traitement des allergies respiratoires (pollens, acariens, chats, moisissures) qui peuvent causer des symptômes d’asthme et/ou rhinite. L’immunothérapie pourrait aussi être utile pour la prévention du développement de nouvelles allergies environnementales, de même que de la progression de la rhinite vers l’asthme. Ce type de traitement est aussi reconnu pour les allergies aux insectes à venin (différentes sortes de guêpes, abeilles). L’immunothérapie en injection n’est à présent pas un traitement possible pour les allergies alimentaires. L’immunothérapie par voie orale pour les allergies alimentaires est actuellement à l’étude.

En quoi consiste l'immunothérapie

L'immunothérapie consiste en l'administration sous-cutanée (injection) ou sublinguale d'une certaine quantité d'allergène causant problème. La quantité administrée augmente graduellement jusqu'à ce qu'une dose de maintien soit atteinte. La dose de maintien est la dose maximale que le patient recevra et c'est cette dose qui sera la plus efficace au traitement.

En exposant graduellement et régulièrement le système immunitaire à un allergène qui nous cause problème, nous pouvons observer différents signes au niveau du système immunitaire qui témoignent du développement d'une tolérance à cet allergène, en plus de la diminution des signes et symptômes d'allergie occasionnés par l'allergène en question. En d'autres mots, on habitue tranquillement notre corps à tolérer cet allergène. Il faut toutefois faire attention, car certaines personnes croiront qu'en s'exposant directement à l'allergène (exemple un chat), ils développeront cet état de tolérance. De cette façon le système immunitaire est plutôt exposé très rapidement à des concentrations très élevées d'allergènes et ne peut donc pas s'y habituer graduellement.

Efficacité de l'immunothérapie

L'immunothérapie contre le venin d'insecte est à ce jour le type le plus efficace d'immunothérapie avec un taux d'efficacité d'environ 98%.

Environ 80-85% des gens recevant un traitement de d'immunothérapie pour les pollens observeront une amélioration de leur condition. L'immunothérapie a aussi une certaine efficacité reconnue pour le traitement des allergies aux acariens, moisissures, animaux et coquerelles. Toutefois ce type de traitement ne garantit pas la résolution complète des manifestations allergiques, mais peut avoir des impacts positifs sur la qualité de vie chez la plupart des patients recevant ce type de traitement.

L'immunothérapie pour la rhinite allergique peut avoir des bienfaits persistant même après l'arrêt d'un traitement d'une durée adéquate. Il se peut toutefois qu'à long terme les manifestations allergiques resurgissent de nouveau et que nous devions reconsidérer un traitement d'immunothérapie.

Qui peut bénéficier d'un traitement d'immunothérapie?

Voici une liste de critères pouvant nous permettre de choisir les candidats pour un traitement d'immunothérapie :

  • Adultes et enfants avec une allergie démontrée aux insectes à venin (voir la section sur les allergies aux insectes à venin).
  • Patient (adulte ou enfant) doit avoir des signes et symptômes cliniques d’allergie. Il est aussi essentiel qu’il ait des tests d’allergie (cutanés et/ou sanguins) démontrant clairement la présence de sensibilisation à certains allergènes (en d’autres mots des tests d’allergies positifs).
  • Patients chez qui les manifestations allergiques ne sont pas contrôlées avec les médicaments et les mesures environnementales.
  • Patients qui ont beaucoup d’effets secondaires des médicaments et ne peuvent les prendre.
  • Patients qui doivent prendre plusieurs médicament afin d’obtenir la maîtrise de leurs symptômes et qui souhaitent diminuer à moyen terme l’utilisation de médicaments.
  • Le patient doit être prêt à s’engager dans un traitement demandant en terme de temps, tout en étant conscient des risques et de l’efficacité, qui n’est pas nécessairement garantit à 100%.

Voici une liste de facteurs qui peuvent contrindiquer un traitement d'immunothérapie:

  • Tests d’allergie négatifs.
  • Patients ayant des tests d’allergie positifs mais aucun signe ou symptôme d’allergie.
  • L’asthme non maîtrisé contre-indique l’administration d’une injection d’immunothérapie.
  • Certains médicaments (médicaments pour l’hypertension et problèmes cardiovasculaires) peuvent rendre difficile le traitement d’une réaction allergique aux injections d’immunothérapie. Il est donc important de mentionner tous les médicaments que vous prenez à votre allergologue afin qu’il puisse décider si le traitement d’immunothérapie peut être donné malgré la prise de ces médicaments ou si ceux-ci doivent être remplacés.

Quels sont les types de traitement possible?

  • Annuel : le patient reçoit au moins une injection par semaine pendant environ 4 à 6 mois. La dose augmente graduellement pendant ce temps jusqu’à ce qu’une dose maximale soit atteinte. Le patient recevra par la suite cette même dose de façon mensuelle pendant une période de 3 à 5 ans. Cette méthode est préférable lorsqu’il y a plusieurs allergies en cause.
  • Pré-saisonnier : série de 4 à 11 injections qui est administrée avant la saison du pollen en question. Seules les allergies aux pollens peuvent être traitées de cette façon. Ce type de traitement doit être répété pendant 3-5 ans.

Quels sont les risques attribuables à de tels?

  • Le plus grand risque avec ce type de traitement est le développement d’une réaction allergique aigue. La plupart du temps les réactions apparaissent dans les 30 minutes qui suivent l’injection. Il est toutefois possible d’avoir une réaction après 30 minutes.
  • Les réactions peuvent se manifester par :
    • Une réaction locale : enflure, rougeur, chaleur et démangeaisons au site d’injection. Ce type de réaction répond généralement bien à un anti-histaminique. Le traitement d’immunothérapie peut être poursuivi, mais peut nécessiter quelques ajustements.
    • Symptômes allergiques aux yeux ou au nez (démangeaison, larmoiement, rougeur, sécrétions nasales), gonflement du visage (lèvres, yeux, nez).
    • Réaction systémique ou généralisée (incidence < 0.6%) : urticaire (rougeur et gonflement de la peau), problème respiratoire (essoufflement, toux…) ou digestif (crampes abdominales, nausées, vomissement…), hypotension, faiblesse. Dans ces cas, l’aide d’un médecin est nécessaire pour le traitement. Il faut aussi ré-évaluer le traitement d’immunothérapie avec votre allergologue si vous expérimentez une telle réaction.
    • Exceptionnellement, des décès sont rapportés avec l’immunothérapie (1 décès pour 2 millions d’injections aux Etats-Unis). Les décès sont survenus essentiellement chez les patients asthmatiques mal contrôlés durant l’administration des vaccins.

Recommandations lorsqu'on débute un traitement d'immunothérapie

  • Il est important de demeurer sous observation au bureau du médecin un minimum de trente minutes suivant l’administration d’une injection d’immunothérapie, étant donné les risques de réaction.
  • Avant l’injection, informer le médecin si vous éprouvez une exacerbation de vos symptômes allergiques, de votre asthme ou tout autre problème respiratoire. Également, aviser si une nouvelle médication est débutée (par exemple, médication pour l’hypertension artérielle) ou un début de grossesse.
  • Informer le médecin des réactions précoces ou tardives survenues après la dernière injection. Ne jamais masser/frotter le site de piqûre après l’injection.
  • Éviter l’exercice physique intense 2 heures suivant l’injection.
  • Vous devriez revoir votre allergologue chaque 6 à 12 mois.

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Simon Hotte, MD FRCPC, allergologue et immunologue